Dada
Le poète Frank Wedekind avait sa table attitrée au Café Odéon où l´on trouvait aussi Herman Hesse.
James Joyce y a écrit la plus grande partie de Ulysse et le Dadaïsme y a été proclamé.
Il existe plusieurs versions sur la naissance du nom du mouvement Dada en 1916 et celle du magazine du même nom. Désillusionnés par la culture bourgeoise qu´ils prenaient pour mensongère - pour beaucoup, la Grande Guerre avait remis totalement en cause les idéaux sociaux tels que la collectivité et la civilisation - les dadaïstes se raccrochèrent à des formes artistiques radicales et opiniâtres, avec lesquelles ils remettent en question les valeurs et les normes prédominantes.
Ils récitent des poèmes sonores, donnent des concerts bruitistes et écrivent des textes avec des lettres prises au hasard d´un sac tombé. Avec leurs collages et leurs montages photographiques, ils recherchaient un autre mode d´expression artistique en remplaçant l´illusion des représentations et des portraits par des images récupérées à la réalité. Souvent, le but recherché était de provoquer et de parodier.
Dada n´était pas
un style, mais une mentalité. Les dadaïstes ne voulaient pas avancer
de nouveaux dogmes, ne voulaient pas se fixer une opinion formelle sur
quoi que ce soit. Ils travaillaient exclusivement á partir d´un engagement
fondamental pour l´art. Comme ils se manifestaient volontairement en
dehors du goût bourgeois, leur art fut étiqueté comme anti-art.
C´était de
l´anti-art dans le sens que les dadaïstes protestaient contre
les valeurs conventionnelles et culturelles de l´art de l´époque.
Dada se trouvait à l´opposé de ce que l´art voulait représenter.
Si l´art s´occupait surtout de l´esthétique, Dada la repoussait. Si
l´art voulait avoir une signification, même implicite ou cachée, Dada
recherchait la non-signification. L´interprétation de Dada dépend complètement
du spectateur. Si l´art fait appel aux sentiments, Dada veut offenser.
L´ironie est que Dada soit devenu un mouvement important dans l´art
moderne.
Dada était un mouvement international. Il est difficile de classer
les artistes par pays d´origine, car ils passaient constamment d´un
lieu à l´autre. Dans un certain nombre de grandes villes, dont les plus
importantes étaient Berlin, Hanovre, Cologne, Paris et New York, des
mouvements dada de caractères différents prenaient naissance. En outre,
il y avait maintes initiatives spontanées en Russie, en Hongrie, dans
l´ancienne Yougoslavie (Zagreb), en Roumanie (Marcel Janco) et en Espagne
(Barcelone, Francis Picabia).
Dada à Zurich
Les
dadaïstes lui donnèrent un nouveau nom : Cabaret Voltaire, et
transformèrent cette taverne en une sorte de café littéraire et artistique
où l´on déclamait de la poésie, où l´on tenait des expositions et où
l´on donnait toutes sortes de spectacles. L´ouverture se fit le 5 février,
et Hugo Ball récita des extraits de l´œuvre de Voltaire. Il y avait
presque journellement un programme varié de musique, de poésie et de
danse, et on y exposait régulièrement des œuvres d´art.
23 juin 1916 Hugo Ball lit ses premiers poèmes sonores, habillé
d´un costume cubiste de carton.
14 juillet 1916, première soirée ouverte au public, dans la
Zunfthaus zur Waag. Ball récite ses poèmes sonores et
Tristan Tzara lit le manifeste Dada que l´on considère comme
étant l´un des écrits les plus importants du dadaïsme. D´autres manifestes
suivront. Une édition unique du magazine Cabaret Voltaire (rédigé
par Hugo Ball) était la première publication du mouvement (31 mai
1916).
Après la fermeture du Cabaret Voltaire fin juillet 1916,
les activités se déplacent vers la nouvelle galerie, Galerie Dada, et
peu après, Ball repart fâché de Zurich. Dans la Galerie Dada auront
lieu les 2e à la 6e soirées Dada, la 7e soirée, le 23 juillet 1918,
sera dans la Zunfthaus zur Meise. La huitième, et dernière grande activité
Dada sera donnée le 19 avril 1919 dans la Zunfthaus zur Kaufleuten.
Tzara commença une propagande énorme pour propager les idées
dada. Il bombardait de lettres des artistes français et italiens et
des écrivains, et se manifestait comme meneur dada et stratège génial.
Il formula aussi la distinction entre le mouvement Dada et le très programmé
Futurisme : la seule déclaration des principes du dadaïsme est que justement
il n´y en a pas.
C´est sous sa direction que fut édité le magazine d´art et de littérature
Dada, à partir de juillet 1917, 5 éditions à Zurich et
les 3 dernières à Paris.
Pendant la première guerre mondiale, le dadaïsme s´est étendu sur toute
l´Europe. Partout, les artistes protestaient par des provocations voulues
contre la guerre, l´état bourgeois et artistique. Ils choisissaient
le coté du pacifisme contre le nationalisme et le militarisme et contestaient
avec sarcasme des valeurs devenues alors absurdes.
A la fin de la guerre en 1918, la plupart des dadaïstes quittèrent
Zurich pour retourner dans leur patrie, mais certains commencèrent des
activités dada dans d´autres villes.
Dada, son et texte
Hugo
Ball fut l´inventeur des poèmes sonores sans
signification. Le lien entre le mot parlé et la signification est rompu
et on sépare les syllabes formant les mots. On dépouille la langue de
son sens, et on réorganise les sons en images sonores rythmiques. L´idée
d´origine était de se débarrasser d´une langue violée et dépravée, selon
les dadaïstes.
Avec les poèmes soi-disant simultanés (les poèmes sonores étaient scandés
par plusieurs personnes en même temps et dans n´importe quel ordre),
les dadaïstes voulaient attirer l´attention sur la cacophonie du monde
moderne (dans les tranchées, dans les grandes villes…) et sur les procès
mécaniques dans lesquels les gens s´empêtraient. D´ailleurs, non seulement
les dadaïstes, mais encore de nombreux autres écrivains et artistes
faisaient des expériences avec la langue.
Hugo Ball : « Par ces poèmes sonores, nous voulons nous distancier
d´une langue que les journalistes ont brisée et rendue impossible. Nous
devons nous retirer dans l´alchimie profonde des mots, et même abandonner
l´alchimie du mot pour sauver les domaines sacrés de la poésie. »
Quand il récitait ses poèmes sonores, le public éclatait de rire et
avait des réactions remplies d´incrédulité et de surprise.
Dada à Berlin
A Berlin, on mit
en pratique le dadaïsme d´une manière radicale. C`est Richard Huelsenbeck
qui raconta les aventures de Zurich à George Grosz, Raoul
Hausmann et Helmut Herzfelde (appelé ensuite John Heartfield).
Huelsenbeck publia assez rapidement un manifeste Dada, dans lequel
il se démenait contre le Futurisme et le Cubisme, et dans lequel il
proclamait le Dadaïsme. Peu de temps après s´ouvrait le « Club Dada
» On trouvait les vrais dadaïstes berlinois au Club Dada. L´un
des membres était Johannes Baader, qui se proclama président
du globe terrestre. Dada devint de plus en plus extrême, avec des affronts
et des attaques envers les personnalités politiques.
La Dada de Berlin introduisit pourtant une nouvelle technique artistique,
le montage de photos. A Zurich, on utilisait déjà la technique du collage;
à Berlin, on transformait des photos réalistes complètement en nouvelles
œuvres d´art. Raoul Hausmann et Hannah Höch étaient les
premiers à appliquer cette innovation. On cherchait aussi de nouvelles
voies dans la poésie. On mit plus au point les poèmes sonores comme
ceux que déclamaient à Zurich Hugo Ball, Richard Huelsenbeck
et Hans Arp. Hausmann était aussi l´un des fondateurs
de « Der Dada », le magazine le plus important des Dadaïstes
berlinois.
On organisa douze matinées à Berlin, dans lesquelles on considérait le public comme des idiots et de la racaille. Le point culminant fut en 1920, quand le salon Dada fut organisé. Ce fut une rencontre de Dadaïstes de tout plumage social et politique. L´un des thèmes était bien entendu la haine contre toutes formes d´autorité. On y exposa tous les magazines dadaïstes, des affiches, des publications, etc.… soulignant clairement le pluralisme du mouvement.
Dada à Hanovre
Kurt Schwitters s´entendait bien avec Hans Arp, ils partageaient les mêmes idées. Il édita assez rapidement son propre magazine nommé Merz, inventa sa propre théorie pour l´écriture de poèmes, qu´il appela la Logique Schwitters . « Non pas le mot est la matière d´origine pour un poème, mais la lettre » Le mot est en première place une composition de lettres, en deuxième place une sonorité, en troisième une signification et en quatrième place le porteur d´associations d´idées.
Kurt Schwitters était actif dans toutes les disciplines artistiques. Il faisait des collages, il peignait, il composait de la musique, il faisait de la poésie et il écrivait. « Un artiste vit Dada, complètement et avec concentration » Son plus grand ouvrage et aussi le plus exceptionnel fut le « Merz-bau » Il avait créé des tas d´espaces dans une pièce, tous différents de mesures, de direction et de forme. Quand la pièce fut pleine, il se fraya un passage par le plafond pour pouvoir continuer à construire. Chaque espace était en relation avec ses pensées personnelles et ses souvenirs. Il y avait ainsi un espace-Arp, dans lequel il gardait les souvenirs qu´il avait d´Arp, comme un cigare consumé et un flacon d´urine.
Dada à Cologne
Arp, Ernst et Baargeld organisèrent une exposition Dada, à laquelle la police fit prendre fin rapidement, la raison en était que le matériel exposé aurait été outrageant.
Dada aux Pays-Bas
En
1923, la campagne Dada se déroule aux Pays-Bas avec comme participants
Theo et Nelly van Doesburg, Kurt Schwitters et Vilmos Huszar. La première
représentation eut lieu le 10 janvier à La Haye, suivie par d´autres
à Haarlem, Amsterdam, Bois-le-Duc, Delft, Leyde, de nouveau La Haye,
Utrecht, Rotterdam, Tilburg, et le 6 février, la dernière représentation
de nouveau à Rotterdam. Le 13 avril, Kurt Schwitters se trouvait à Drachten
et y fit un spectacle solo. (> Projecten "Een middag in de Dada-Warroom")Dada à New York
A
New York (un port sûr comme Zurich l´était), le mouvement Dada s´est
de plus en plus tourné vers l´anti-art. Peu après leur départ de France
et leur arrivée aux Etats-Unis en 1915, Marcel Duchamp et
Francis Picabia rencontrèrent l´artiste américain Man Ray.
Vers 1921, le trio était devenu la plaque tournante des activités radicales
anti-art aux Etats-Unis. De nombreuses choses se passaient dans la
Galerie 291, appartenant à Alfred Stieglitz (un photographe
innovateur) et dans la maison de Walter et Louise Arensberg.
Les newyorkais portaient un défi à l´art et la culture en éditant des
publications telles que The Blind Man, Ronwrong et le New York Dada,
dans lesquelles ils critiquaient l´art de musée traditionnel. Les artistes,
et entre autres Marcel Duchamp, exposèrent dans
le
« Armory » à New York et présentèrent une forme d´art tout à fait nouvelle.
On remarqua surtout les peintures de Marcel Duchamp dans lesquelles il était question de « la lumière comme agent de mouvement dans l´art pictural » Ses « ready-mades » (objets tout faits) avec lesquels il accordait le statut d´œuvre d´art à des objets ordinaires, étaient tout à fait de style dada. L´artiste ne les créait pas, il les « trouvait ». C´est ainsi le cas de la « fountain » (la fontaine ), un urinoir dressé à la verticale qu´il signa du nom de R.Mutt. Pour lui, cette œuvre n´avait pas de signification, elle symbolisait simplement le « néant » de notre monde et de notre vie.
Il travaillait au son "Grand Verre", définitivement inachevé (MD), de 1911 (Paris) à 1923 (New York).
illustr. le Grand Verre (La mariée mise à nu par ses célibataires, même) et Marcel Duchamp avec un detail, "Les Témoins oculistes"
Francis Picabia
était le lien entre les différents groupes Dada de New York, Zurich
et Paris. Lui et Marcel Duchamp déménagèrent de nouveau sur Paris
en 1919, où Man Ray les rejoignit en 1921 et où le mouvement
Dada entama la dernière phase de son existence.
Dada à Paris
L´avant-garde
française était bien tenue au courant des activités de Zurich, particulièrement
par Tristan Tzara, qui avait des échanges de magazines, de poèmes
et de lettres avec des écrivains, des critiques et des artistes, dont
Guillaume Apollinaire, André Breton, Max Jacob et surtout
Francis Picabia. Aux environs de 1919, les dadaïstes se réunissaient
chez Germaine Everling et son ami Picabia, et dans leur
café attitré Café Certa, où l´on signalait aussi le groupe de
Jean Cocteau, et qui plus tard est devenu le café des habitués surréalistes.
C´est là que Marcel Duchamp (logeant alors chez Everling et Picabia
après son retour de New York) rencontra pour la première fois les dadaïstes
parisiens, fin juillet ou début août 1919.Tzara arriva à Paris le 17 janvier 1920 et fut reçu dans le salon de Everling, où il rencontra la rédaction au grand complet de Littérature (Louis Aragon, André Breton, Paul Eluard et Philippe Soupault). Peu de temps après, Paris vit la naissance des activités dada. Everling tenait régulièrement son « salon » de 1919 à 1924.
De
nombreux magazines et pamphlets parurent, contenant de la poésie, de
la prose et des essais. Les plus importants: Le magazine « 391
», avec pour seul rédacteur Picabia, commencé en janvier 1917
à Barcelone ; le dernier numéro parut en octobre 1924. L´Esprit Nouveau
(d´octobre 1920 à janvier 1925) et Littérature (de mars 1919
à juin 1924), Dada, les numéros 6, 7 et 8, ce dernier portant
la date du 16 septembre 1886( !), et Transition, qui parut seulement
en 1927 (jusque 1938) On écrivait régulièrement, outre dans les quotidiens,
aussi dans « Comoedia », revue littéraire, des articles relatant
les activités dada, et des discussions entre les partisans et les adversaires
du mouvement.
La
première manifestation Dada à Paris fut tenue le 23 janvier 1920
au Palais des Fêtes : Premier Vendredi de Littérature. Ensuite, il y
eut la manifestation Dada du 27 mars 1920 au Théâtre de la Maison de
l´Œuvre dans la Salle Berlioz, et le Festival Dada le 26 mai
1920 dans la Salle Gaveau.(photo : Festival Dada, Salle Gaveau 1920. « You will forget me », pièce de théâtre écrite par André Breton et Philippe Soupault. Sur la photo, en haut de gauche à droite, Paul Eluard et Théodore Fraenkel, en bas de gauche à droite Philippe Soupault et André Breton)
Le
14 avril 1921, on organisa une excursion Dada vers l´église
Saint-Julien-le-Pauvre. De nombreux dadaïstes et autres intéressés
y ont participé (cliquer sur la photo) Il y avait d´autres projets
d´excursion, qui n´ont d´ailleurs jamais eu lieu.Il y eut une exposition dada, « Salon Dada » du 6 au 30 juin 1921, dans le hall du Studio des Champs Elysées (partie du Théâtre des Champs Elysées) au 1er étage de l´immeuble de l´avenue Montaigne : nommée du nom pompeux de « Galerie Montaigne »
Le
théâtre des Champs Elysées était l´endroit où avaient lieu maintes
activités dada et avant-gardistes. Il avait été construit en 1913 par
les frères Péret. L´ouverture fut accompagnée du scandale provoqué par
la représentation du Sacre du Printemps le 29 mai. La musique
de Stravinski et la chorégraphie de Nijinski avaient choqué le public.
Dans les deux salles du théâtre des Champs Elysées, on organisa la Soirée-Dada du 10 juin et les deux matinées du 18 et 30 juin 1921 (15.30 heures) : « Grande Après-Midi Dada ». On pensait avoir tout réglé correctement avec le propriétaire du théâtre, cependant….le vendredi 17 juin, il y avait une Soirée Bruitiste avec un concert de Marinetti et autres futuristes, et le 18 juin au soir, c´était la première d´une pièce de Jean Cocteau. Ces deux soirs-là, des disputes de nouveau, de sorte que les dada quittèrent les lieux escortés par la police et hués par le public.
Le 19 juin 1926, on présenta ici le Ballet Mécanique de George Antheil devant une salle bondée. Parmi les spectateurs, on trouvait entre autres James Joyce, T.S. Eliot, Ezra Pound et Sylvia Beach.
Le théâtre des Champs Elysées attirait surtout le répertoire international moderne et les troupes internationales (telles que Isadora Duncan/des ballets suédois et russes)
Ballet Mécanique, film de Fernand Léger en Man Ray, 1924.
George Antheil composa la musique, qui
fut donnée en concert pour la première fois en 1926. Le film et la musique
ne furent réunis qu´en 2000 (durée, 16 minutes, musique du film : Ballet
Mécanique, Philadelphia Virtuosi Chamber Orchestra sous la direction
de Daniel Spalding, 2001)
Le 14 juillet 1921 arrive Man Ray à Paris. Il ne parle pas français
et est accueilli par Marcel Duchamp, qui lui a réservé une chambre
á l´hôtel que Tzara vient juste de quitter.
C´est dans la librairie Six que Philippe Soupault vient d´ouvrir
que, 6 mois plus tard, Man Ray a une exposition entre le 3 et le 31
décembre 1921 ; il ne vend rien alors. Eric Satie est présent
au vernissage.
La
Soirée du Cœur à Barbe eut lieu le 6 juillet 1923 au théâtre
Michel. Cela devait être la dernière grande performance du groupe
Dada de Paris, avec en finale le Cœur à Gaz de Tristan Tzara
(entre autres, costumes de Sonia Delaunay) Breton, Eluard et Soupault
avaient tiré la conclusion au printemps 1922 déjà que le Dada
était un échec, et avaient changé de direction pour Littérature. La
soirée se termina par des bagarres entre certaines personnalités et
il a fallu faire appel à la police.
(photo: dadaïsten/surrealisten: Paul Eluard, met portret van de fotograaf
Man Ray. V.l.n.r. achterste rij, Paul Chadourne, Tristan Tzara, Philippe
Soupault, Serge Charchoune. Onder, Paul Eluard, Jacques Rigaut, Mick
Soupault, Georges Ribemont-Dessaignes.)
En
1924, la plupart des dadaïstes ont rejoint le mouvement surréaliste,
sauf Tzara, Picabia et Marcel Duchamp. Ils ont choisi explicitement
le rôle d´artiste indépendant.(photo: les surréalistes en 1924 dans leur nouveau « Bureau de recherches surréalistes ». De gauche à droite au fond : François Baron, Raymond Queneau, André Breton, Jacques Boiffard, Giorgio de Chirico, Roger Vitrac, Paul Eluard, Philippe Soupault, Robert Desnos, Louis Aragon. En bas : Pierre Naville, Nadine Breton, Max Morisse, Marie-Louise Soupault.)
Le dernier exploit dada officiel fut le film Entr´acte de René Clair (24 minutes) avec musique d´Eric Satie, et comme acteurs Marcel Duchamp, Man Ray, Picabia, Eric Satie et beaucoup d´autres. Le but était de montrer le film pendant l´entracte du ballet Relâche, créé par Picabia. La représentation était le 4 décembre 1924.
René Clair, Entr´acte, 1924, musique d´Eric Satie (fragment de la partie d´échecs entre Marcel Duchamp et Man Ray, scène filmée sur les toits du théâtre des Champs Elysées, durée 4 minutes)